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 TinyMixTapes

 

« Parisian composer Alexandre Bazin has given us Full Moon, a half-hour plus of meticulously structured, highly evocative instrumental work, and his first record for the reliably excellent Umor Rex. 

Leaning strongly on synthesizers and electronics while incorporating occasional piano and guitar, the record feels modest while also keeping a panoramic, wide-open kind of emotion; comparable at times to both minimal wave and recent Cliff Martinez film scores, while also informed throughout by 20th century European classical tradition, Full Moon nevertheless feels like the product of a distinct musical imagination even when it draws from familiar textures. By turns high-gloss and beat oriented while allowing more dampened and saudade passages (the gorgeous solo piano track “The Glass Key” is an album highlight), this album is an especially worthy soundtrack to any forthcoming end-of-summer loneliness, future night drives, private subway trips, long pensive sunsets, etc. »

Writer : Dylan Pasture / Tiny Mix Tapes

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Boomkat

« The impeccable pickers at Mexico City’s Umor Rex pluck out a real gem of expressive, almost pop-wise and cinematic synth music by a member of Paris’s esteemed GRM. Think Pye Corner Audio meets François De Roubaix and you’ve got a grip on Bazin’s sublime synthetic sound. »

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Norman Records

« ‘Full Moon’ is the work of French composer Alexandre Bazin, whose music straddles the classical with the electronic with the crazy thought they could be one in the same — expect a restrained, minimalist approach to the synthwork on display here, with lowkey movements under a tidy, full-lid production. »

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hartzine-logo-full

« L’ouverture est immédiate, abrupte, immergeante. L’introductif One Plus One semble avoir été composé comme une suite mathématique, une séquence de Fibonacci qui ne se prolonge que parce qu’elle est le résultat des deux unités précédentes. C’est un code ronflant et tintinnabulant traité par une ligne de basse monosyllabique et austère qui ne se révélera pas beaucoup plus volubile dans le morceau suivant Outsiders, dont la discrète expressivité sert d’abord les modulations de claviers numériques rappelant l’orgue et le clavecin. Harmonisées dans une structure redondante, elles servent de soutien à des soli de flûte, seul instrument totalement libre de la plage, jouant à cache-cache avec les autres stems avant de faner, comme le reste, dans un crépuscule chaud étiré à l’infini. Tombe la nuit, décide soudain Bazin qui prolonge son approche néo-classique amorcée à la flûte par une brève berceuse au piano, The Glass Key, dont Arvo Pärt n’aurait pas boudé le minimalisme et la délicatesse. Son œuvre, c’est celle-ci, cette dimension cartésienne de l’émotion, l’empathie à travers la structure, maîtrisée, contrôlée. En trois scènes, le Parisien membre du Groupe de Recherches Musicales, à l’occasion partenaire de Jonathan Fitoussi, laisse entrevoir un univers personnel entre traduction cinématographique et métonymie cosmique.
Comme un prologue, ces trois premiers morceaux ouvrent un album entièrement acquis à la nuit, peut-être bien un album concept. L’orchestration, sans se départir de son ambient minimaliste, gagne en générosité, en trames de fond aux bourdonnements électrisants, suspendus dans l’espace sans révéler leur origine. Youth, par exemple, murmure un blues à l’immortalité robotisée, où subsiste la conscience de l’éternité placide d’un humanoïde au vieillissement inutile. Plus véloce, Runaway esquisse une indolence hispanisante avant de se défiler en une échappée dont les kilomètres s’égrenent à travers une rythmique progressive et répétitive, avant de laisser fuir les premières notes post new-age d’un Silence Of The Sea dont les nappes façonnent un ressac clairsemé de rivage sans tourment. Plus loin, Full Moon, qui donne son nom à l’album et en justifie l’approche concept, joue avec l’espace et le temps dans un phasing craquetant qui perturbe l’équilibre et la concentration: la fuite prend une dimension flottante qui ne trouvera son issue que dans l’envolée ultime de Nova Express et son esthétique kosmische appliquée à une série de sons 8 bits. L’album se referme sur une ascension qui ne rejoindra plus la terre ferme.
Si la brièveté des morceaux empêche le côté extatique des compositions de s’installer bien longtemps, la faute — en est-ce une? — en incombe au penchant de Bazin pour l’ossature mélodique et le métissage des influences qui n’ont pas besoin, chez lui, de plus de cinq minutes pour libérer leur sensibilité. De la même façon qu’un poème peut parfois souffrir de sa longueur et émousser sa stylistique trainante sur d’interminables vers, la musique cherche d’abord sa structure avant de relâcher son émotion. »

Auteur : Ted Supercar / Hartzine

 

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the_drone_logo_336The Drone – « Full Moon » on Umor Rex Records

« On ne soulignera jamais assez la qualité du travail d’orfèvre effectué par le label de cassettes mexicain Umor Rex depuis maintenant une dizaine d’années (même si chez The Drone, les gars ont pour ainsi dire leur rond de serviette tant on vante leurs mérites, parfois plus que de raison). Officiant depuis toujours dans l’optique de fournir au mélomane avide d’intrépidité son lot de scupltures sonores impavides et de jusqu’au-boutisme ambient, noise et expérimental, le label tient toujours le coup et résiste au marasme de la neutralité et du statu quo musicaux actuels, en nous gorgeant régulièrement de sorties toutes plus épatantes les unes que les autres.

Membre du GRM, le compositeur parisien Alexandre Bazin dévoile sa première cassette sur Umor Rex, et en profite pour nous livrer 11 compositions délicates baignées de néo classicisme pop, de relents de minimalisme ancestral ainsi que d’échappées new age spatiales. »

Auteur : Marc-Aurèle Baly / The Drone

 

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Télérama_logo

« Pierre Schaeffer au temps du Studio d’Essai 1943 – 1945   »

Documentaire France Culture – Creation On Air

producteur : Stéphane Bonnefoi / réalisateur : Alexandre Bazin

article Télérama / auteur Aude Dassonville :

Télérama Article Documentaire

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La Grande Evasion

Interview pour « La Grande Evasion » Par Hubert Charrier

 

Alexandre Bazin :
« Je prends le temps »

C’est à l’occasion de la sortie de la vidéo d’Annina Roescheisen A Love Story, que nous avons rencontré l’ingénieur et compositeur Alexandre Bazin. Ce membre du Groupe de recherches musicales (GRM) nous raconte son parcours et ses premiers pas dans la composition à l’image.

Plus qu’une passion, le son est aujourd’hui pour toi un métier. Peux-tu nous expliquer comment est né cet intérêt pour la musique ? 

J’ai commencé à m’intéresser à la musique par le spectre du classique et par le piano que j’étudiais au conservatoire. J’avais des horaires aménagés, le matin cours et l’après midi, solfège, danse ou chorale. J’ai évolué comme ça pendant huit ans dans un environnement absolument génial, le CNR de Lyon. On habitait à deux pas du quartier historique, le gallo romain, un lieu magique pour l’apprentissage et la création. J’ai eu aussi la chance d’apprendre avec un très bon professeur, Svetlana Eganian, concertiste du CNSM. Elle m’a beaucoup appris sur la sensibilité du jeu, le toucher. J’ai étudié Bach, Schubert, Liszt, Chopin mais je ne restais qu’un interprète et cela ne me convenait pas. J’ai voulu me libérer de la partition et j’ai donc commencé le jazz, à mes yeux le genre le plus noble pour maîtriser l’improvisation. J’avais alors 12 ans, il a fallu tout réapprendre, les harmonies, les accords, le temps…Dans le classique on joue beaucoup ad libitum, il faut ressentir les choses. Le jazz, lui, est bien plus carré. Il demande beaucoup de précision, je l’ai étudié pendant huit ans sans relâche. Je jouais constamment, certaines périodes huit heures par jour, j’allais à la discothèque municipale écouter tous les disques que je pouvais, c’était une obsession.

Parallèlement à la même époque, j’avais un grand frère qui écoutait beaucoup de rock et qui possédait une montagne de disques. Il m’a initié. Est venue ensuite la question de l’enregistrement, comment mettre tout ça sur un support. Dans les pochettes que j’ouvrais, je regardais le nom des studios, des ingénieurs, le matériel utilisé. Un beau jour j’ai fini véritablement par plonger dedans en rentrant dans une classe d’électro acoustique. J’ai découvert la prise de son, l’enregistrement, l’exploration sonore, toutes les possibilités qu’offre la manipulation du son. Mon parcours musical s’est donc nourri de tout ça, du classique, du jazz, du rock, de l’électro accoustique. Je me suis aussi intéressé à la radio, j’étais bénévole à Radio Campus Bordeaux. Ces passions m’ont amené au Groupe de recherches musicales (GRM). J’y ai appris mon métier d’ingénieur du son tout en continuant à côté mon parcours musical.

« Ça faisait longtemps que je voulais
composer réellement à l’image »

 

En quoi consiste exactement le GRM ?

Pour bien le définir, c’est un lieu de recherche et de création musicale. On reçoit des compositeurs en résidence, ils travaillent autour d’outils qui sont développés au GRM, les GRM Tools. Il y a des programmes, des concerts…Personnellement, je réalise des émissions de radio. J’ai travaillé avec Christian Zanési, Christophe Bourseiller, David Jisse sur des programmes musicaux pendant 10 ans. Il y a eu notamment Electromania, une émission dédiée à la musique expérimentale qui m’a beaucoup apportée.

Aujourd’hui tu es ingénieur du son, comment assouvis-tu cette soif de composition ?

Je mène cela sur deux fronts. Il y a un duo avec Jonathan Fitoussi, le groupe Two colors. On y exploite vraiment l’idée d’une musique originale riche, avec des timbres et des instruments divers, c’est le mélange de tout ça qui nous intéresse. De manière personnelle, je partage cette même approche. J’ai travaillé sur des albums avec Fréderic Leibovitz, le directeur de Cézame, une librairie musicale spécialisée dans la musique à l’image. Difficile de ne pas mentionner Christian Zanési, le directeur artistique et directeur adjoint du GRM, qui m’a ouvert les portes sur la synchronisation. On m’a proposé de faire des génériques radios, des habillages d’antenne. J’ai travaillé avec le directeur artistique de Canal + pour des chaines du cable, mais également avec France 3, France 5 et indirectement Sky Deutschland. Il y a eu en plus cette collaboration avec un chorégraphe, une expérience fascinante de composer sur de la danse, c’est quelque chose que j’aimerais renouveler.

Et puis il y a ton dernier travail, A Love Story d’Annina Roescheisen…

Oui, c’est une vidéo d’art. Lorsqu’on est entré en contact, elle venait de finir sa vidéo et cherchait un compositeur. Ça faisait longtemps que je voulais composer réellement à l’image. Ce fut une vraie chance car Anninna laisse une belle place à la musique et ça, c’est très agréable. J’ai vraiment apprécié son film, ce côté minéral, sauvage. Ils ont tourné au village de Peillon, dans une réserve naturelle, c’est absolument magnifique.

Comment avez vous procédé pour cette collaboration ?

Elle m’a envoyé la vidéo que j’ai regardée une vingtaine de fois. Lors de notre premier rendez-vous, je suis arrivé avec plusieurs feuilles où j’avais fait tout le découpage du film. J’ai réalisé des essais avec des morceaux pour voir ce qui pouvait marcher, trouver la bonne atmosphère. Ensuite, j’ai attaqué mon travail au piano. Je trouvais que c’était intéressant de créer des passages et des ambiances différentes sur une vidéo de 20 minutes. Dans le film d’art, c’est beaucoup de sound design, j’ai pensé qu’aller à contre courant et mettre de la musique harmonique et mélodique pouvait être une piste intéressante.

Dans cette vidéo, la musique accompagne l’image sans discontinuité, une liberté que tu n’aurais peut-être pas dans un court ou un long métrage ?

Oui, c’est vrai mais nous avons tout de même beaucoup discuté, je n’étais pas livré à moi même. Annina m’a par exemple demandé de refaire une partie qui lui plaisait moins. C’est agréable d’être confronté à quelqu’un, de ne pas être seul dans un studio, d’avoir un échange et d’essayer de se rapprocher au maximum d’une idée commune. Un cadre comme celui ci est très stimulant, ça pousse à la créativité et les délais, assez courts, mettent une grosse pression. C’est important d’être sous stress, de sentir l’angoisse de la feuille blanche.

Aujourd’hui, aimerais-tu continuer dans la composition à l’image ?

Oui. Je me suis beaucoup épanoui sur ce projet. Ce n’est pas toujours facile mais j’ai trouvé ça hyper excitant, vraiment différent de mes expériences sur l’habillage sonore. J’espère pouvoir le refaire et pourquoi pas dans le cinéma, l’avenir nous le dira.

Le cinéma justement, parle nous un peu des compositeurs qui t’inspirent.

Il y en a énormément, j’ai même fait une petite liste (ndlr – il sort la liste de sa poche)…De Roubaix avec Les aventuriersDernier domicile connu, Morricone. Ce sont des compositeurs que je peux écouter à longueur de journée.

Des compositeurs qui expérimentent d’ailleurs beaucoup.

Cette recherche du timbre, de la sonorité étrange, c’est quelque chose de passionnant. Il y a un autre compositeur que j’adore, c’est Cliff Martinez, sur la bande son de Solaris. Jerry Goldmsith aussi avec La planète des singes. C’est absolument extraordinaire, ça embrasse tellement de chose. Également Nick Cave et L’assassinat de Jesse James. C’est une direction que je voulais d’ailleurs prendre pour la vidéo d’art. J’aime cette vision, presque pas de montage, c’est du cinéma qui prend le temps. C’est bien de prendre son temps. On est dans une société un peu hystérique où tout va très vite. Chez moi, j’ai une salle, avec une platine et un fauteuil. Je m’installe, j’écoute la musique et je ne fais rien d’autre. Je prends le temps.

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